Propriétaire de cabaret et mère réconfortante, Régine était toujours prête à accepter les secrets des âmes esseulées pendant les nuits agitées….

Regina Zylberberg, une chanteuse et actrice française bien connue, est décédée aujourd’hui à l’âge de 83 ans. Ses derniers mots ont révélé quelque chose…

Selon sa petite-fille Daphne Rotcajg, la légendaire chanteuse et actrice Régine est décédée le 1er mai à l’âge de 92 ans.

C’est un triste jour dans l’industrie musicale. Régine s’est éteinte paisiblement le 1er mai à 11 heures du matin, a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Gouaille, sa crinière rousse et son attitude fougueuse ont fait d’elle un nom connu dans l’industrie du spectacle français.

Pendant son séjour à Paris, elle a eu l’occasion de rencontrer certains des plus grands noms de l’industrie musicale comme Maria Callas et Maurice Chevalier ainsi que Charles Aznavour et Françoise Sagan. Elle a également eu l’occasion de chanter Barbara et de faire le clown avant de monter elle-même sur scène. Sa fille a déclaré à l’Agence France-Presse que Régine était décédée à l’âge de 92 ans.

Un passé difficile peut avoir influencé sa décision de participer à la fête. Une paire de parents juifs polonais, une paire de parents bohèmes, une paire de parents exilés aux Amériques, une paire de membres supplémentaires de la famille dispersés par la Seconde Guerre mondiale…

Pendant le débarquement, Regina Zylberberg est séparée de son frère et fuit à Lyon, où elle rencontre un homme et veille sur lui jusqu’à ce que la Gestapo le capture et le déporte. Plus tard, elle travaille dans le bar parisien de son père, se levant à l’aube pour préparer des cafés crémeux pour les clients qu’elle espère voir un jour renommés. Elle ne se soucie que d’une chose : donner un sens à sa vie, devenir quelqu’un et passer un bon moment en chemin.

Un barman et un videur

Elle se marie et divorce trois ans plus tard ; elle fréquente les salles de danse et rencontre des amis ; elle dort moins et se couche plus tard ; elle organise des fêtes comme personne ; on la surnomme « le top » tant elle est douée.

Sans restriction ni tabou, elle apprend rapidement le langage de la nuit et commence à travailler au « Whisky à gogo » près du Palais-Royal, où elle est à la fois bargirl, disquaire et videur. Françoise Sagan, qui la surnomme « la reine noire de nos nuits agitées » et surnomme le lieu « Chez Régine », est la première célébrité à s’y rendre.

Régine a fondé sa première boîte de nuit en 1956 à Saint-Germain-des-Prés, rue du Four, et a ensuite ouvert plus de 30 autres clubs à travers la France et le reste du monde.

Au cours des Trente Glorieuses, Régine se hisse au sommet de la vie nocturne parisienne, amusant la galerie et s’entourant de célébrités telles que Brigitte Bardot, Rudolph Noureev, Pompidou, des hommes politiques et des auteurs, riches ou fauchés.

C’est en 1965 qu’elle lance son premier album, soutenue par Charles Aznavour et peu après par son ami Serge Gainsbourg, qui lui écrit la chanson « Les P’tits Papiers ».  » La Grande Zoa « , chantée avec son iconique boa en plumes, l’impose comme une chanteuse hilarante à la désinvolture toute parisienne – l’académie Charles-Cros l’honore en 1967.  »

Régine avait beaucoup à dire, et elle ne s’est pas retenue.


En tant qu’interprète et actrice, Régine apparaît dans plusieurs films, notamment Mazel Tov de Claude Berri, Le Train de Pierre Granier-Deferre, et Les Ripoux de Claud Zidi. Elle a la vie qu’elle a toujours désirée grâce à son mariage avec Roger Choukroun, un homme d’affaires prospère qui développe des parfums et reprend des restaurants.

Dans les années 1990, la roue du changement commence à tourner. C’est au Palace, lorsque surviennent les premiers échecs de Régine, qu’elle perd de nombreuses plumes. Elle doit fermer le club pour trafic d’ecstasy. Cependant, l’entrepreneuse doit vendre ses boîtes de nuit à cause de ses grosses dettes, mais elle continue d’organiser des soirées grâce à son carnet d’adresses.

C’est également à cette époque qu’elle fait la une des journaux lorsqu’elle est emprisonnée dans un avion d’American Airlines avec son enfant pour avoir refusé d’éteindre une cigarette. SOS Drugs International a été créé par la grande gueule pour venir en aide aux toxicomanes mis au ban de la société.

En fait, elle devient plus féroce au fur et à mesure que le temps passe. « Je n’ai peur de rien », déclarait-elle auparavant dans une interview à Paris Match. J’ai vécu deux guerres mondiales, donc je sais ce que c’est. La peur immobilise, mais on ne peut pas en dire autant de moi. En tant que survivante, je me sens obligée d’être constamment engagée dans une activité quelconque.