Le groupe Carrefour a été condamné par la CGT à 18 millions d’euros par la justice. L’arrêté a été ignoré et le plan d’organisation
du travail très contesté a dû être suspendu.

Carrefour a fait la une des médias avec cette condamnation et cette somme astronomique que le groupe doit verser à la CGT. Dans les colonnes
du journal Specialized Capital, c’est connaître les détails techniques de cette affaire qui va faire du bruit.

Nous pourrons résumer les faits et, surtout, vous dire si Carrefour paiera effectivement cette somme. Comme nos lecteurs s’en doutent,
ce grand ensemble de distribution alimentaire dispose de ressources insoupçonnées.

Jugement Carrefour par le tribunal d’Ivry

Selon nos confrères de Capital, la justice a mis en examen Carrefour le 12 juillet. Le tribunal d’Evry a condamné la CGT à 18 millions d’euros.
Mais examinons maintenant de plus près les détails du différend.

En novembre 2020, Carrefour avait des « difficultés » à se conformer à une première injonction. Depuis, en octobre 2020, la CGT a dénoncé
le projet d’organisation du travail baptisé « Projet Top ». Selon les syndicats, ce projet aliénait les droits des travailleurs,
y compris en matière de santé et de sécurité.

La justice avait déjà donné raison à la CGT et ordonné, en novembre 2020, à Carrefour de suspendre ce projet. Le tribunal a également
été informé que des représentants syndicaux participeraient au commentaire. Ajoutant notamment que chaque jour de violation de cet arrêté
correspondra à une amende de 30 000 €.

Pourtant, comme le soulignent nos confrères de Capital, Carrefour n’en a pas tenu compte…

Positions fortes et contradictoires

Puis l’AFP elle-même a reçu le témoignage de Patrick Ait Issa, délégué national CGT chez Carrefour Hypermarchés. Carrefour n’en a pas tenu compte
et en mars, à l’expiration de celle-ci, nous sommes retournés devant le tribunal pour demander l’augmentation de l’amende. Vu son ampleur,
le juge a décidé une médiation que nous avons acceptée, mais ça n’a pas marché. »

A la suite de ces propos, compte tenu notamment de l’ampleur de l’affaire, l’AFP a tenté de contacter Carrefour. Le public devait être familier
avec les deux versions.

Ensuite, il semble que Carrefour veuille faire appel de la décision du tribunal. Pour le moment, le groupe n’envisage pas de verser 18 millions
d’euros à la CGT. Pire encore, les représentants du groupe semblent dire qu’ils sont dans leur droit. Ils disent même, ce qui est très étonnant,
que le « Top Project » n’a même pas été remis en cause !

« Carrefour a appliqué méticuleusement la décision initiale du Tribunal lui-même en réalisant une évaluation complète, dans les délais prescrits,
et à la participation des représentants du personnel aux impacts supérieurs du projet. (…) Cette décision ne remet pas en cause la poursuite de la projet TOP »,
a déclaré à l’AFP un représentant de Carrefour.

Cette affaire ne fait clairement pas couler d’encre sur le web… !