A la ville aussi, Bernadette Lafont, décédée le 25 juillet 2013, était une aventurière, avec la liberté pour seul passeport. Bernadette Lafont s’est
enfuie de l’étreinte de ses parents à 18 ans, a divorcé (de Gérard Blain) à 19 ans et a rencontré son deuxième mari, le sculpteur et réalisateur
Diourka Medveczky, à 20 ans. Elle quitte le cinéma qu’elle aime déjà pour suivre son amant à la maison. À 24 ans, elle était mère de trois enfants,

Elisabeth, David et Pauline.

Bernadette Lafont a souvent incarné des personnages durs et rugueux, comme dans La fiancée du pirate (1969), Une belle fille comme moi (1972),
mais également Paulette, son plus récent film (2012).

Mais dix ans plus tard, en 1972, ce dernier, explique-t-elle, a choisi de se marginaliser et je n’ai pas accepté de le suivre dans ce genre
de suicide social. Diourka, qui nous a quittés en 2018, est né en 1930 en Hongrie sous le nom de Georges Medveczky. Il s’installe en France en 1948,
avec le soutien de Picasso, et s’inspire de sa rencontre avec Bernadette Lafont, avec qui il réalise plusieurs films entre 1968 et 1969.

En noir et blanc, mes cheveux et unique.

Bernadette Lafont est ensuite partie de Diourka.. Elle revient au cinéma, qui commence par un petit froncement de sourcils, comme un amant mécontent,
avant d’être célébrée comme la grande actrice. Et c’est lui, avec le théâtre, qui l’a sauvée du pire été de sa vie, qui a emporté sa fille Pauline
en 1988. Un drame s’est produit dans son quartier de Sevens, où la femme de 25 ans est tombée accidentellement dans un 10 -mètre ravin
(il n’y aura pas Son corps n’a été retrouvé que trois mois plus tard.

La famille restera proche du troubadour et du poète Diourka. C’est avec beaucoup de tendresse qu’Anna nous a parlé il y a quelques années,
alors qu’il était encore en vie. Quand ma grand-mère est morte, il a commencé à voyager seul, avec son sac à dos, nous a-t-elle dit.
C’était un grand sculpteur, un génie du cinéma, mais il a cessé de vivre dans sa frange naturelle, en rapport avec la nature, la vie et la pensée.

Quand on le voit, il parle des heures ou des jours, sans sommeil, et transmet son savoir.

Au fil des ans, Bernadette Lafont a partagé sa vie avec un autre artiste, le peintre figuratif Pierre de Chevilly. Mais tout le monde est
chez soi : elle est dans un appartement, le même depuis plus de trente ans, dans le Marais, avec son chat. C’est, le plus souvent à la campagne.
Neuf ans après sa mort, quand le film culte de Jean Eustache, Mère et Putain, sort en version restaurée, cinquante ans plus tard, on l’entend encore
dire : La liberté ne se donne pas, il faut la prendre, car tout est fait pour que nous ne le possédons pas.

Pauline Lafont meurt à 25 ans : Retour sur la mystérieuse disparition de la fille de Bernadette Lafont

Pauline Lafont avait un bel avenir dans le cinéma. Fille de l’actrice Bernadette Lafont et de la sculptrice hongroise Diourka Medvecsky, elle fait
ses premiers pas devant la caméra à l’âge de 12 ans pour le film Pierre Zucca Vincent mit l’âne dans un pré (et s’en alla dans l’autre), sorti en 1975.

Sa carrière culmine huit ans plus tard, en 1983, lorsqu’elle apparaît dans Vive les femmes !Claude Confortès et participe au film culte Papy fait
de la résistance de Jean-Marie Poiré. Une douce ascension qui s’arrête brusquement en août 1988, lorsque la jeune femme décède à seulement 25 ans.

Pauline Lafont est alors en vacances avec David, son frère aîné, à la maison familiale de La Serre du Pomaret, la maison de Bernadette Lafont
à Saint-André-de-Valborgne. Le 11 août, la jeune femme est partie seule se promener à Sevenes mais n’est jamais revenue. C’est sa mère qui a tiré
la sonnette d’alarme après avoir remarqué son absence à un festival en Suisse, où elle devait recevoir un prix.

Geneviève Delpech explique qu’on aurait pu éviter le drame.

Pendant deux jours, de belles ressources ont été postées pour tenter de retrouver la jeune femme. Le 16 août, son frère porte plainte contre X pour
arrestation arbitraire et séquestration. Puis des rumeurs folles émergent, comme le fait que Pauline Lafont ait fui en Chine, se soit retirée
dans un monastère, ait rejoint une secte, ou soit tombée en dépression après une rupture douloureuse avec son amant.

Mais le 21 novembre 1988, plus de trois mois après sa mystérieuse disparition, son corps a été retrouvé par un berger au fond d’un ravin du village
de Gabriac. Une autopsie montre qu’elle a fait une chute de 10 mètres et qu’elle est décédée sur place.

Selon Geneviève Delpelch, veuve de Michel Delpech, qui affirme avoir des talents psychiques, ce drame aurait pu être évité. Invitée sur
l’émission Je t’aime, etc… En juillet 2020, elle a déclaré : Comme mon mari Michelle David, frère de Pauline le savait, nous avons fini
là où elle a disparu. « La voici, juste dans la vallée, dis-je aussitôt, cherchant de l’aide. Mais à l’époque, personne n’allait le prendre au sérieux.