Pierre Papadiamandez est mort ! En novembre dernier, lors d’une interview avec Eddie Mitchell à l’occasion de la sortie de son 39e album Country Rock, nous lui avons demandé s’il aimerait écrire plus de chansons. Il répondit avec le sens de l’humour habituel. Avant d’ajouter : Ce n’est pas le mien, c’est Paul Newman. sur le feu.

Pierre Papadiamandez est décédé à l’âge de 85 ans. Il est l’auteur de nombreuses chansons de son ami, auteur-compositeur et chanteur Eddie Mitchell depuis près de cinquante-cinq ans.

Quand nous travaillons ensemble, il nous dit aussi que nous sommes toujours comme des enfants, excités. Tant qu’il me donne ce que je veux et que je lui donne ce qu’il veut, pourquoi changerait-il !

Plus de vingt-cinq albums et 150 chansons

D’album en album, il ne s’autorise plus qu’une ou deux collaborations à s’ouvrir. Comme c’est le cas avec Kalogero sur le dernier album.

Leur collaboration a été précédée par celle-ci, le pianiste et compositeur franco-grec accompagnant Eddie sur scène pendant deux ans avant que je lui montre la mélodie que j’avais oublié d’oublier. Ce fut le début de plus de 150 chansons réunies sur environ vingt-cinq albums.

Nous espérions les retrouver en décembre pour une interview commune : la star Eddie Mitchell, le gars des coulisses Pierre Papadiamandez. Mais la nouvelle n’était déjà pas bonne pour le compositeur fétiche du chanteur, décédé mardi 22 mars à l’âge de 85 ans, dans un hôpital parisien.

Leur rencontre provoqua les débuts en solo d’Eddy Mitchell, qui venait de quitter les Chaussettes Noires et cherchait un pianiste pour son groupe. C’est mon saxophone qui m’a présenté Pierre Papadiamandez, nous racontait le chanteur il y a quelques mois.

A l’époque, rocker et lui étaient deux choses différentes. Pierre Papadiamandez confirme : J’ai étudié le jazz et le classique, qui sont mes musiques préférées. Mais, de tous les rockeurs, Eddie était mon chanteur préféré avant même que je le rencontre, ajoute le musicien d’origine grecque, né à Paris et élevé à Nogent-sur-Marne (Val de Marne), qui a commencé à jouer du piano à l’âge de 5

Mon frère est Pierre Papadiamandis

Eddie Mitchell se souvient parfaitement de son sale chien. Un teckel mangeait mes chemises. Il s’appelait Titus. De plus, Pierre Papadimandes était si conservateur qu’il a fallu deux ans pour que le morceau sorte. J’ai oublié de l’oublier, c’était notre première chanson en 1966 et c’est toujours ma préférée.

Il y en avait beaucoup jusqu’aux ultimes morceaux du dernier album d’Eddie Mitchell, Country Rock, sorti fin 2021, qui comprend un hommage à son ami Johnny Hallyday, A Little Love. La capacité de Pierre Papadimandes à se renouveler sans cesse m’étonne encore, avoue Eddy. La chanson de Johnny, par exemple, a une belle mélodie simple et touchante. Il a fallu deux ans pour trouver les paroles.

Leur étiquette commune ? La musique vient en premier. Je le crée d’abord et il s’occupe des mots, résume Papadimandis. J’ai besoin d’une carotte pour l’écrire, ajoute Mitchell. Je n’ai pas de textes à l’avance. La musique cinématographique de Pierre Papadiamandez m’apporte des images et des émotions. Je travaille toujours sur bande, à l’ancienne. Le son n’est pas terrible, mais vous pouvez déplacer la barre vers l’avant ou vers l’arrière

Le travail des artisans qui n’a pas changé au fil du temps est à l’image de leur amitié, Selim. Pierre Papadiamandez est mon frère, résume Eddie.

Pierre Papadiamandez a commis quelques trahisons envers Eddie pour aller travailler chez Michel Delbach (elle était jolie dans Que Marianne), Dick Rivers, Françoise Hardy, Céline Dion, Grace Jones ou Ray Charles, mais il a vite retrouvé son vieil ami. Je n’ai jamais pensé à un album sans lui, c’est ce que Mitchell a conclu lors de notre dernière interview. Nous voulons et devons toujours travailler. Ça nous motive, on ne voit pas le temps passer. Sans Pierre, je n’aurais pas eu ce métier.